Langage et fratrie : comment le 2ᵉ ou 3ᵉ enfant est affecté
- Sophie Lapointe

- il y a 4 jours
- 2 min de lecture
Il existe aujourd’hui un grand nombre de recherches s’intéressant à l’influence de la fratrie, en particulier l’ordre de naissance, le nombre d’enfants et l’écart d’âge, sur le développement langagier des enfants. Plusieurs mécanismes sont proposés pour expliquer pourquoi un enfant cadet (deuxième, troisième, etc.) pourrait présenter un vocabulaire moins riche ou un développement langagier un peu plus lent que le premier-né.
Voici un résumé des connaissances actuelles dans le contexte du 2ᵉ / 3ᵉ enfant :

Théorie de la dilution des ressources
C’est probablement l’un des mécanismes principaux invoqués pour expliquer pourquoi un enfant cadet pourrait avoir un vocabulaire plus faible ou un développement langagier légèrement plus lent. En fait, il y aurait moins de temps direct des parents, moins de conversations à deux avec l'enfant plus jeune et moins de stimulation verbale individualisée. Certaines familles compensent très bien (par exemple, par des interactions riches, du temps de qualité, du temps de lecture, des jeux en famille, etc.).
Compensation via la fratrie
Si l’aîné(e) est très engagé(e), il / elle peut offrir un bon modèle verbal au cadet (dans les discussions, les jeux), ce qui pourrait compenser partiellement la dilution des ressources parentales.
Effet de l’écart d’âge
Des enfants très rapprochés peuvent partager des activités plus communes (intérêt commun, jeux du même âge, sujets de discussion plus communs) et donc limiter l’impact négatif, comparés à des enfants avec un grand écart où l’interaction spontanée serait moins fréquente.
Régression au niveau du langage
Ce pourrait être lié à des facteurs émotionnels (jalousie, sentiment de « perdre sa place » dans la famille), plus qu’à des difficultés de langage à proprement parler. C’est important de distinguer entre moins parler temporairement par manque d’attention / changement de routine, et de véritables difficultés langagières.
En résumé
La dilution des ressources parentales est un mécanisme plausible pour expliquer certaines différences dans le développement langagier des cadets, mais elle n’est pas une fatalité. Grâce à des moments de qualité et à l’engagement des frères et sœurs aînés, les familles peuvent atténuer ou même inverser cet effet.
Vous êtes inquiets du développement langagier d'un de votre enfant ? Venez rencontrer une orthophoniste. Voici aussi deux articles de blogue qui pourraient vous intéresser :

Article de blogue rédigé par : Sophie Lapointe, orthophoniste en
partenariat avec la Clinique ORpair
Sources :
Downey, D. B. (2001). Number of siblings and intellectual development: The resource dilution explanation. American Psychologist, 56(6-7), 497–504. https://doi.org/10.1037/0003-066X.56.6-7.497
Gurgand, L., Lamarque, L., Havron, N., Bernard, J. Y., Ramus, F., & Peyre, H. (2023). The influence of sibship composition on language development at 2 years of age in the ELFE birth cohort study. Developmental Science, 26(4), e13356. https://doi.org/10.1111/desc.13356
Prime, H., Pauker, S., Plamondon, A., Perlman, M., & Jenkins, J. (2014). Sibship size, sibling cognitive sensitivity, and children’s receptive vocabulary. Pediatrics, 133(2), e394–e401. https://doi.org/10.1542/peds.2012-2874





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