Les émotions, une recette presque magique pour les apprivoiser !

La joie, la tristesse, la colère et la peur sont les quatre émotions de base. À partir de celles-ci, un éventail d’autres émotions peuvent être ressenties par les être humains : la jalousie, le dégoût, la honte, la culpabilité, etc. En tant qu’adultes, nous sommes plutôt en mesure de reconnaître les sensations physiques que nous procurent ces différentes émotions ce qui nous permet de réguler nos comportements. Par contre, pour les enfants, ces sensations peuvent être assez nouvelles et dérangeantes, c’est ce qui les amène à avoir parfois un trop-plein d’émotions. Dans cet article, je vous donne trois étapes pour mieux accompagner vos enfants dans la gestion de leurs émotions.


Étape 1 : Nommer l’émotion de l’enfant


Si vous sentez que la tasse des émotions de votre enfant commence à déborder, il est important de nommer l’émotion que vous voyez chez lui. On essaie, ici, d’y aller avec les émotions de base pour que l’enfant soit en mesure de comprendre ce qu’on lui dit. Par exemple, vous pourriez dire à Antoine, 2 ans, qui pleure parce que sa grande soeur vient de lui voler son jouet : « Antoine, tu as le droit d’être fâché parce que ta grande soeur t’a volé ton jouet ». Pourquoi faire cela ? L’enfant sera plus en mesure, au fil du temps, d’associer ses sensations physiques à l’émotion ressentie. C’est un travail d’envergure, par contre, il ne faut pas se mentir ! Comme vous pouvez le voir dans l’exemple, il est bien de dire à l’enfant qu’il a le droit de se sentir comme ça. Cela peut diminuer le stress qu’il peut ressentir face à ce débordement d’émotions notamment.


Étape 2 : Nommer les sensations physiques qu’il ressent


Une fois que vous avez mis le mot sur l’émotion que l’enfant vit, il faut dire les sensations physiques qu’il peut ressentir. Par exemple, on peut lui dire : «Antoine, je vois que tu pleures de colère et que tu serres les poings fort, fort». Au fil du temps, l’enfant sera en mesure de faire l’association lui-même. En d’autres mots, il sera en mesure de se dire que lorsqu’il est en colère, il est normal qu’il serre les poings. Vous pourrez même surprendre, à un moment donné, l’enfant dire qu’il serre les poings parce qu’il est en colère.


Étape 3 : Aider l’enfant à se réguler dans ses émotions


Au moment de la crise, le cerveau de l’enfant n’est pas disposé à faire des apprentissages étant donné que plusieurs de ses ressources sont consacrées à l’émotion elle-même. Ainsi, il ne sert à rien de montrer à l’enfant des stratégies d’autorégulation à ce moment. Lorsque l’enfant est en crise il est mieux de l’aider à se remettre au calme sans nécessairement faire d’apprentissage «officiel». On ne veut jamais que la sécurité de l’enfant soit compromise, alors on peut, par exemple, lors de la crise, lui prendre les mains tout doucement en lui disant une parole réconfortante. Lorsque la crise est passée, c’est le moment de montrer à l’enfant des stratégies d’autorégulation.


En voici quelques-unes en rafale :

  • colorier une tornade sur un papier ;

  • serrer un toutou fort dans ses bras ;

  • faire un câlin à un parent, jouer avec une balle sensorielle ;

  • crier dans une taie d’oreiller ;

  • etc.


C’est à vous de voir avec votre enfant ce qui peut mieux lui convenir. Une fois un moyen d’autorégulation trouvé, il faut expliquer à l’enfant que la prochaine fois qu’il est en colère, il peut aller gribouiller sur sa feuille. Vous devrez peut-être le faire avec lui les premières fois pour qu’il s’habitue.


Bien évidemment, j’appelle cette technique en trois étapes une recette presque magique parce que ça prend de la pratique et du temps, qu’on le veuille ou non. Au début, il se peut que l’enfant tente de vous déstabiliser. Il peut vous tester parce que vous venez de changer votre façon d’intervenir. Par contre, avec le temps et avec de la rigueur, cette formule aidera probablement votre enfant à mieux comprendre et réguler ses émotions. N’ayez crainte, il arrive à tout le monde d’avoir un peu de broue dans le toupet une journée et de laisser tomber cette méthode. Ce n’est pas plus grave et on se reprend le lendemain ! Si vous avez des questions ou avez besoin d’un petit coup de pouce avec les émotions de votre enfant, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec nous. Au plaisir !


Article écrit par : Aurélie Lafontaine, éd. spéc., étudiante au baccalauréat en psychoéducation


Inspiration provenant du podcast de Ouikid, intitulé «Accompagner nos enfants dans la gestion de leurs émotions».


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