Stimuler les apprentissages grâce à l'application Voilà AI Artist

Dernière mise à jour : juin 5

Vous avez certainement vu passer plusieurs visages de personnes que vous connaissez transformées en dessins animés. La nouvelle tendance de l’heure, l’application « Voilà AI Artist » propose aux usagers de modifier une photo en rendant la personne comme un personnage de film de Disney. Si vous n’avez pas encore essayé, laissez-vous tenter ; c’est à faire rêver !


Évidemment, cet éditeur de photo unique est tombé dans l’œil des professionnelles de la clinique ORpair qui adorent miser sur les intérêts des élèves pour les stimuler selon leurs différents besoins. Orthopédagogues, enseignantes, orthophonistes et éducatrice spécialisée, nous nous sommes prêtées au jeu pour vous concocter un article de blogue pour vous inspirer. Nous avons donc fait équipe pour vous proposer une multitude de manières créatives d’utiliser cette technologie tendance pour soutenir les apprentissages de vos enfants tout en ayant du plaisir… et en rêvant un peu de devenir le meilleur ami d’Aladdin ou de la petite sirène ! ;) Amusez-vous bien !



Travailler la conjugaison et l’écriture

Nous pourrions utiliser cette application pour travailler les divers temps de verbe, car nous pouvons utiliser plusieurs modèles pas uniquement les cartoons comme celui utilisé.


Pourquoi ne pas modifier nos photos avec le filtre Renaissance pour explorer les divers temps au passé en contexte d’écriture ?


Il y a également un grand potentiel pour l’imagerie mentale (fonction exécutive) ainsi que la précision de nos descriptions pour reproduire des modèles le plus efficacement possible.


Katherine Leclair, orthopédagogue et propriétaire de la Clinique ORpair


Du plaisir pour les petits… et les grands !

Utiliser une application à la mode pour permettre aux enfants de faire des apprentissages est tout à fait possible.


Avec les petits, nous pouvons transformer un jeu de «Qui est-ce ?» en remplaçant les images par des «cartoons» créés par l’application Voilà AI Artist. En utilisant des photos de personnes connues par l’enfant, il pourra nommer les gens sans savoir lire les prénoms. En plus, ce sera l’occasion de travailler la formulation de questions fermées et son résonnement logique par l’utilisation de la stratégie d’élimination.


Avec les plus grands, nous pouvons exploiter l’application pour susciter la motivation à écrire. Dans un premier temps, l’élève sélectionne différentes photos de personnes signifiantes pour lui (artistes, sportifs, amis, …) pour les transformer en «cartoons». Ensuite, il écrit une description ou une devinette pour chacune des images afin de créer un jeu d’association.


Frédérique Cliche, orthopédagogue et directrice des opérations de la Clinique ORpair

Du schéma narratif… à la reconnaissance des émotions

L’application a beaucoup de potentiel pour travailler le plan du schéma narratif. L’élève pourrait prendre en photo différentes scènes qui le met en vedette. Il pourrait également inclure d’autres personnes de son entourage dans ses scènes. Une fois les photos prises, il pourrait les transformer en « cartoon » à l’aide de l’application. Avant de prendre les photos, l’élève aurait à faire son plan et à planifier quelles photos il aimerait prendre afin de bien illustrer son récit. Cette étape de planification et d’élaboration du plan est essentielle pour que la prise de photos soit efficace et bien organisée. L’activité peut s’arrêter une fois que les photos sont transformées en « cartoon » si nous voulions uniquement travailler le plan. L’élève peut aussi raconter son récit à l’oral en s’appuyant sur les images créées. Il est également possible de poursuivre l’activité en demandant à l’élève d’écrire le récit qu’il a planifié et illustré. Il pourrait même créer un petit livre illustré.


Même au niveau de la gestion des émotions, l’application peut nous être utile : reconnaissance d’émotions, reproduction d’émotions, tableau avec le visage de l’enfant qui représente différentes émotions ensuite l’enfant peut placer un jeton vis-à-vis l’émotion qu’il vit ou bien son état émotionnel du moment (un peu comme la pieuvre du côté contente ou fâchée). Les possibilités sont multiples !


Roxanne Chouinard, orthopédagogue


Mimer les émotions pour mieux les intégrer

L’application peut être utilisée d’une panoplie de façons pour venir travailler la reconnaissance des émotions. Saviez-vous qu’il est bien d’amener l’enfant à reconnaitre les différentes émotions (chez lui et chez les autres), mais il est d’autant plus intéressant que l’enfant les mime pour faciliter sa compréhension et son intériorisation ? Ainsi, il peut être intéressant d’amener l’enfant à mimer une émotion pour prendre cette dernière en photo. Cette activité peut être amenée en complément à la lecture d’un livre tel que la couleur des émotions ou à la suite d’un jeu éducatif comme la planète des émotions de Placote. Cela généralisera davantage ce qui aura été discuté lors de la lecture/du jeu et rendra le tout encore plus concret.


Aurélie Lafontaine, éducatrice spécialisée


Du potentiel même en orthophonie

Pour certains enfants, la production des sons de la parole est un grand défi. Le fait de regarder la bouche d'une personne qui fait le son peut les aider à comprendre comment placer leur propre bouche. Même si regarder le mouvement "en direct" est toujours mieux, ça peut être amusant de prendre des photos de nos bouches et d'observer comment elles sont placées pour produire les différents sons. On colle nos lèvres ensemble pour faire les sons "p, b, m". On place le bout de notre langue derrière nos dents d'en haut pour faire le son "l". Etcetera ! Nos visages en « cartoon » rendent l'activité plus ludique et on peut même faire un montage pour donner davantage d'indices. Par exemple, on peut y ajouter une voiture, pour penser à faire vibrer nos cordes vocales comme un moteur.


Marika Beaudoin Landry, orthophoniste


Le verbe « être » sous toutes ses formes

Alors qu’on travaille la reconnaissance des émotions en les nommant, on pourrait en profiter pour travailler certains verbes irréguliers à la 3e personne du pluriel en montrant plusieurs personnages qui vivent une même émotion (par exemple : ils ont peur, ils sont tristes). Alors, les petits dessins mignons pourraient servir à simplement nommer les émotions (ex: il est triste), à travailler la distinction des pronoms féminins et masculins (il/elle) ainsi qu’à travailler les verbes irréguliers au pluriel. Enfin, toujours en lien avec les émotions et la stimulation du langage, on pourrait même travailler la phrase causale avec « parce que » si on essaie de trouver/imaginer pourquoi le personnage est triste/content/fâché.


Alex-Ann Setlakwe, stagiaire en orthophonie


Miser sur la pédagogie par le jeu

Marionnette « cartoon »

Pour la conception, on imprime le « cartoon » de l’enfant et quelques autres (membres de la famille, acteurs, sportifs préférés, chanteurs, etc) qu’on colle sur des bâtons de type « popsicle » pour en faire des marionnettes. Il ne reste plus qu’à s’amuser derrière une table ou un comptoir en faisant parler vos personnages. Une belle occasion de pratiquer le dialogue et de laisser aller son imagination.


Pion « cartoon »

Pour le fabriquer, il suffit d’imprimer le « cartoon » de l’enfant et de s’en servir comme un pion dans les divers jeux. On peut insérer l’image dans une petite pince en métal et faire tenir les « ailes » vers le haut. Une autre option est de prendre un bouchon de plastique d’une bouteille dans lequel on fait une légère fente et y glisse un petit coin de l’image.


En utilisant les pions « cartoon » créés, on peut travailler le vocabulaire en lien avec l’orientation spatiale (sur, sous, à gauche, en-dessous, près, loin, etc...) :

  • Avec une ferme jouet, une maison de poupées ou juste quelques objets qui nous entourent, on demande à l’enfant de placer son personnag e devant la fenêtre, à gauche de la chaise, sous le lit, etc… Une autre façon d’exploiter le matériel serait d’y jouer à la manière d’une partie de cachette. En fait, l’enfant cache son personnage, puis il doit le faire trouver à l’autre joueur en expliquant, avec une consigne claire et précise, où il se trouve. Ex : « Je suis caché dans la ferme, derrière le cheval ».

  • Avec un autobus jouet (ou imprimer une image d’autobus vue de côté avec plusieurs fenêtres) et plusieurs pions « cartoon » (préalablement imprimés), on donne des consignes précises afin que l’enfant place les passagers dans l’autobus. Ex : « Place ta mère derrière le 2e passager. Place ton frère dans le dernier siège, etc… ».

Faire lire le « cartoon »

D’abord, on imprime le « cartoon » de l’enfant en assez grand format ainsi que diverses formes de bulles de discours de bande dessinée. On place le « cartoon » sur la table, l’enfant se choisit une bulle et la place à côté. Ensuite, sur des cartons, on écrit des mots, des non-mots, des lettres, des syllabes ou même de courtes phrases selon ce qu’on désire travailler avec l’enfant. On dispose sur une table les cartes à lire. Par la suite, on s’amuse en jouant à « Qu’est-ce que tu as dit ? » En fait, on dit un mot à l’enfant, il doit le retrouver sur la table et le placer dans la bulle de son « cartoon », comme si c’était lui qui parlait. S’il trouve le bon mot, alors il peut garder la carte. Aussi, on peut faire une partie avec lui en utilisant notre « cartoon » (préalablement imprimé). L’enfant nous dit un mot à retrouver et on doit le placer dans la bulle de notre « cartoon ». Donc, le jeune doit nécessairement lire dans sa tête le mot avant de vous demander de le repérer.


Valérie Jacques, orthopédagogue


La bande dessinée : une recette gagnante et motivante

L’application Voilà AI Artist est très intéressante et peut être utilisée de différentes manières avec les enfants. Pourquoi ne pas l’utiliser pour créer une bande dessinée avec un élève qui n’aime pas écrire de longs textes ? Les élèves pourraient se prendre en photo ainsi que sa famille ou ses amis en leur demandant précisément l’émotion à imiter. Pour cela, il devra avoir en tête la structure de son histoire. Il pourrait ensuite imprimer les images et les coller dans les cases de sa bande dessinée. En plus, cela permettrait à l’enfant d’en apprendre davantage sur la création d’une bande dessinée. Pour la créer, il devra planifier son histoire en respectant le schéma narratif, préciser planche par planche le découpage de l’action et l’ordre d’apparition de ses images dans les cases et organiser les cases et les phylactères. Il devra aussi rédiger tous les dialogues, c’est donc une belle façon d’aborder la structure du dialogue.


Marie-Noëlle Hudon-Bienvenue, orthopédagogue


Une image positive de soi

Avec les nombreux défis que les enfants rencontrent dans leur parcours scolaire, il arrive que certains ne s'estiment pas à leur juste valeur. Il serait donc intéressant d'utiliser l'application pour travailler la confiance en soi et la connaissance de soi de nos jeunes. Comme les traits sont plus prononcés lorsqu'on se transforme en « cartoon », cela pourrait être une bonne occasion pour l'enfant de se voir d'une façon plus positive. En effet, l'application Voilà AI artist donne à notre visage un air déterminé et confiant. Il s'agirait alors simplement de créer avec l'enfant son portrait à l'aide de sa photo modifiée. Pour se faire, vous pourriez lui demander de dresser une liste des forces et des qualités de son personnage qui est en fait lui-même. Ce portrait pourrait évoluer au fil du temps et être utilisé lorsque l'enfant rencontre de nouveaux défis. Ainsi, sa confiance en soi et sa connaissance de soi seraient favorisées.


Émilie Lachance, orthopédagogue


Des vedettes… complètes !

Pour motiver les élèves à produire des phrases complètes, on s’amuse à modifier des visages de vedettes qu’ils aiment et de leur inventer une vie fictive. Par exemple, on prend le visage de Donald Trump et on lui invente des actions rigolotes dans des phrases complètes : « Donald Trump fait une crise de larmes en conférence de presse. » L’imagination et les rires seront au rendez-vous!


Claudia Turmel, enseignante


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