Astuces pour soutenir l'attention des enfants

Mis à jour : juil. 6

Même si les vacances s'installent doucement dans plusieurs maisons, il demeure important de continuer de pratiquer, dans le plaisir, des habiletés qui seront primordiales dans toutes les sphères du développement de votre enfant. Que l'on pense à l'autonomie, l'inhibition, le goût de la lecture ou encore à la capacité d'attention, il est possible d'utiliser des techniques au quotidien pour aider les enfants à vivre des réussites motivantes. D'ailleurs, le thème de l'attention est mis en lumière dans cet article de blogue rédigé en collaboration avec nos précieuses professionnelles de la clinique ORpair. Bonne lecture !

L'attention, une fonction complexe


Il vous est probablement déjà arrivé de mentionner à votre enfant « Fais attention » ou encore « Sois attentif ». Cependant, est-ce que vous vous êtes déjà questionné sur le réel impact lorsque vous utilisez ces phrases ? Est-ce qu’elles aident votre enfant à réellement faire attention ou elles n’ont pas d’impacts ? En fait, comme démontré dans la littérature, l’attention est une habileté commune à toutes les activités d’apprentissage et requiert la maîtrise de nombreuses autres compétences cognitives, notamment la gestion de la mémoire et la planification. Donc, une phrase comme « Fais attention » n’aura pas d’impact si votre enfant ne sait pas comment faire attention.


Pour parvenir à bien gérer son attention, l’enfant doit savoir comment l’orienter, comment prioriser une information par rapport à une autre, comment filtrer les informations superflues, comment utiliser son métalangage pour diriger sa pensée, comment conserver dans sa mémoire de travail (à court terme) les informations suffisamment longtemps pour pouvoir les manipuler et créer des liens par la suite, etc. (source : Cerveau... mode d’emploi ! des Éditions de la Chenelière).


Il ne faut pas oublier que « faire attention » est le résultat d’un travail qui sollicite plusieurs parties du cerveau simultanément ce qui veut dire que vous pouvez inclure des activités quotidiennement pour solliciter l’attention de votre jeune qui se développera petit à petit. En passant des jeux de mémoire aux labyrinthes, aux dessins dans lesquels il faut relier des points numérotés, voici quelques idées de nos professionnelles de la clinique (orthophonistes, orthopédagogues et éducatrice spécialisée).


Les 5 règles de l'attention

En tant qu’orthopédagogue, j’affectionne particulièrement cette technique d’impact qui s’inspire du principe « Give me five ! », expression anglaise qu’on entend lorsque notre enfant réussit quelque chose et qu’on lui demande de taper dans l’une de nos mains. Ici, chaque doigt représente un élément de l’attention : silence (auriculaire), regard (annulaire), écoute (majeur), mains libres (index) et position (pouce).


J’aime bien utiliser cette technique, car elle est, pour la plupart du temps, parlante pour les jeunes et nous n’avons pas besoin de matériel supplémentaire pour la mettre en œuvre. Nous avons toujours accès à notre main et, rapidement, nous pouvons nous autoévaluer et valider combien de doigts nous avons levés. Cette autoévaluation se veut rapide, efficace et économe. Si votre enfant a des doigts baissés, vous pouvez le guider et l’aider pour remédier à la situation. Par exemple, s’asseoir droit sur une chaise s’il est couché sur le sol ou encore lui proposer de mettre de côté son jouet s’il est en train de faire autre chose et que ses mains ne sont pas libres.


Katherine Leclair, orthopédagogue


Le hamburger des tâches !

Un de mes objectifs en travaillant avec les familles au quotidien est de rendre la routine plus agréable autant pour l'enfant que le parent. Étant donné que la période des devoirs est souvent un moment qui sollicite beaucoup l'attention des enfants, voici un de mes trucs qui rendra ce moment plus ludique et qui rendra votre enfant plus autonome. De plus, cette technique est simple, abordable et peut convenir à plusieurs sauces !


Tout d'abord, il faut colorier ou imprimer les constituants d'un hamburger. Ici, je vous propose de laisser l'enfant choisir ce qu'il veut mettre dans celui-ci (ex.: pain, boulette, salade, fromage, etc.). Ensuite, vous pouvez plastifier chacun de ces constituants. Lors de la période des devoirs, vous pouvez écrire une tâche par aliment à l'aide d'un crayon effaçable (ex.: le pain fait référence au devoir de lecture, la boulette, à celui de mathématique, etc.). Essayez de choisir de petits objectifs pour ne pas que l'enfant se décourage. Ensuite, l'enfant dépose chacun des constituants de son hamburger devant lui. Quand il termine une tâche, il peut commencer à former son hamburger. Il empile, par exemple, sa boulette, qui était associée à la tâche terminée, sur son pain. Le but est que l'enfant réussisse à bâtir son hamburger à la fin des devoirs. Croyez-moi, cela augmente la motivation de l'enfant et lui permet de rester concentré à la tâche pour qu'il puisse enfin voir le résultat final : un hamburger bien garni !

D'ailleurs, cliquez ici pour télécharger un document clé en main afin d'utiliser cette technique avec vos enfants. Pssst ! On peut même l'utiliser pour n'importe quelles tâches dans la maison ! ;)


Aurélie Lafontaine, éducatrice spécialisée


Est-ce que la tâche qui est demandée à mon enfant rejoint ses intérêts ?

Voilà une question essentielle vers laquelle le parent doit se pencher afin de soutenir l’attention de son enfant. Il est prouvé qu’un enfant qui éprouve de la curiosité envers une tâche sera beaucoup plus enclin à faire des apprentissages significatifs. À travers mon enseignement, je m’assure d’ailleurs d’impliquer mes élèves à la tâche demandée et de varier mes modalités d’enseignement pour rendre la période d’étude beaucoup plus attrayante. Par exemple, pour pratiquer l’orthographe lexicale, il peut être intéressant de varier le matériel à utiliser (tableaux blancs, crayons effaçables pour les fenêtres, lettres aimantées, etc.).


En plus de vivre des moments agréables, cette technique lui permet d’être exposé aux régularités orthographiques de manière récurrente et d’ainsi mémoriser l’orthographe des mots qu’il apprend. J’aime aussi beaucoup m’inspirer des jeux classiques connus par les enfants et les adapter aux apprentissages. L’étude des tables de multiplication devient un tout autre défi lorsque l’on y intègre le jeu de Tic Tac Toe. À chaque fois que celui-ci a la bonne réponse, il peut remplir une case de la planche de jeu. Plusieurs outils efficaces sont donc simples à intégrer à travers la routine d’étude avec vos petits ou vos grands. Il suffit de bien écouter leurs besoins et leurs intérêts et d’user d’imagination !


Rachèle Lessard, enseignante


Approche par le jeu : succès assuré !

Moi ainsi que mes collègues orthophonistes à la clinique favorisons toujours une approche par le jeu pour stimuler la motivation de l'enfant et, conséquemment, son attention. Le défi consiste à trouver un jeu qui le motivera sans toutefois capter entièrement son attention! Nous choisissons donc un jeu qui se situe dans les champs d'intérêt de l'enfant, mais qui ne le captive pas entièrement pour laisser de l'espace aux objectifs ciblés (ce jeu dépendra toujours de l'enfant et de ses intérêts).

Une autre stratégie efficace peut être de débuter la thérapie par un jeu court qui sollicite l'attention de l'enfant. Par exemple, il m'arrive de débuter une rencontre de thérapie par un court jeu de mémoire pour canaliser l'attention de l'enfant avant de commencer la thérapie.


Enfin, je m'assurer toujours de débuter mes thérapies par les activités qui demandent le plus d'efforts cognitifs à l'enfant. J'alterne ensuite avec des activités plus ludiques pour maintenir son attention tout au long de la rencontre !


Alex Ann Setlakwe, finissante en orthophonie, agente en stimulation du langage


Être dans l'action !

Récemment, avec un élève ayant la l’attention et la motivation fragile, nous avons travaillé l’accord des participes passés dans différentes phrases trouées que j'avais découpées. Nous devions d’abord lancer le dé. Lorsque l’élève ou moi-même obtenions 1, 2, 3, 4 sur le dé, nous devions effectuer l’accord de ce même nombre de phrases. Les chiffres 5 et 6 nous permettaient de donner un défi physique à l’autre (ex : jumping jack, fentes, push up). Je n’ai jamais vu cet élève autant engagé dans une activité, ce qui montre que ces quelques minutes (segmentation de la tâche) ont été loin d’être perdues ! En plus de bien intégrer comment réaliser les accords des participes passés, nous avons b e a u c o u p ri !


Josiane Gourde, orthopédagogue

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